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LE "VIVIENGATE"

INTERVIEW - COMPLET
Janine TAVERNIER

 

 

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Janine Tavernier
ancienne présidente de l'UNADFI

 

Interview paru dans le magazine Technikart - novembre 2001
par Joseph Veillard

 

CHASSE AUX SORCIÈRES?

JANINE TAVERNIER, LA PLUS CONNUE DES CHASSEUSES DE SECTES, PREFERE QUITTER UN COMBAT QUI PREND UNE TOURNURE TROP IDEOLOGIQUE. TROP SECTAIRE ?

 

La médiatique présidente de l’UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense de la Famille et de l’Individu, qui aide les victimes des sectes) nous reçoit dans son pavillon de la banlieue ouest de Paris. Elle vient de démissionner de son poste de présidente et semble soulagée de passer le relais dans un combat où elle s’est jetée il y a vingt ans, à la suite de l’entrée de son mari dans la secte écolo intégriste Ecoovie. Ironie du sort l’ex-première chasseuse anti-sectes de France se retrouve au banc des accusés puisque sa fille travaille comme éducatrice spécialisée dans un établissement inspiré de la pédagogie de Rudolph Steiner, classé comme secte. Choquée de la mise à l’index dont ont été victimes les écoles de ses petits enfants, raillée par certains chasseurs de sectes qui lui reprochent sa complaisance envers un mouvement sectaire, elle s’inquiète d’une atmosphère de chasse aux sorcières qui peut conduire à une confusion générale, voire à certaines bavures.

 

Janine Tavernier, pourquoi quittez-vous la présidence de l’UNADFI?
Après vingt ans dans cette association, et dix ans de présidence de l’UNADFI, j’estime qu’il est temps de passer la main. Par ailleurs, il y a des personnes qui arrivent dans nos associations avec des idées nouvelles et qui ont envie de changer un peu le cours des choses.

C’est-à-dire?
Il y a toute une équipe de personnes qui ont envie de s’intéresser aux doctrines et aux philosophies. Moi, je n’y tiens pas. Je suis rentrée à l’association justement parce qu’on ne s’occupait pas des doctrines ni des croyances. On ne s’occupait que des victimes de groupes totalitaires. Le phénomène sectaire change complètement en France. Je pense que le grand public sait ce que c’est qu’une secte alors que, en 1974, date de la création de l’ADFI, il fallait tout faire découvrir. Aujourd’hui, il y a un renouveau dans ce milieu et j’ai envie de prendre du recul pour réfléchir.

Est-ce qu’il a pu y avoir des amalgames dans la campagne anti-sectes?
De plus en plus, les gens voient des sectes partout. Si on fait du yoga, si on se soigne à l’homéopathie ou à l’acupuncture, on fait partie d’une secte. Je trouve cela extrêmement grave parce qu’on doit avoir une grande ouverture et accepter les médecines parallèles sans juger ni cataloguer. De plus, on se sert du phénomène sectaire pour dénoncer et créer des rumeurs. En gros, si on en veut à son voisin, on l’accuse d’appartenir à une secte.

Des gens qui vous sont chers, impliqués dans les écoles Steiner, ont ainsi été indirectement accusés...
Nous ne nous intéressons qu’aux victimes et nous n’en avons jamais reçu des écoles Steiner. Je trouve cela anormal qu’elles soient cataloguées comme sectes et que l’on me reproche de les soutenir car mes petits-enfants y sont éduqués. Je me pose des questions. Je voudrais lutter contre cela, notamment quand je vois que des magasins comme Nature et Découverte sont présentés comme faisant partie de la Scientologie. Toutes ces rumeurs sont inadmissibles et je ne veux pas jouer ce jeu-là. Moi, je me sens tout à fait libre, je n’ai aucune croyance, aucune philosophie. Il faut faire la différence entre les nouveaux mouvements religieux et les sectes. Les premiers sot tout à fait respectables tandis que les secondes sont nocives.

Votre départ de l’UNADFI laisse la place libre à d’autres personnes plus dogmatiques. N’est-ce pas un mauvais signe?
J’espère que non. C’est important de changer, de tout remette à plat pour permettre une meilleure étude du phénomène. Moi, j’ai fait mon temps. Ce fut une période formidable, pas toujours facile, durant laquelle j’ai acquis beaucoup de maturité et d’humilité. Face au phénomène des sectes, il faux tout le temps se remettre en question. Il n’y a pas de mode d’emploi pour aider quelqu’un à sortir d’une secte, pour aider les familles. Aujourd’hui. il y a moins d’importance à faire connaître le phénomène sectaire car tout le monde est plus ou moins au courant. Ce qu’il faut, c’est travailler dans la finesse et faire en sorte que les personnes ne se fassent plus avoir.